Nasser Al-Khelaïfi espionné par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

23 juillet 2021 9 h 14 min 0 commentaire

Le patron qatari du PSG et de beIN Sports a été l’une des victimes de Pegasus à cause d’une bataille diplomatique entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar.

Des agents engagés par l’Arabie saoudite se sont servis, fin 2018, du logiciel espion Pegasus pour cibler deux numéros du président du Paris Saint-Germain (PSG), Nasser Al-Khelaïfi, et un téléphone fixe du directeur de la communication du club, Jean- Martial Ribes, selon une enquête du Monde publiée mercredi 21 juillet. A l’époque du ciblage, le conflit diplomatique et commercial entre le Qatar et l’Arabie saoudite était a son paroxysme. Les raisons de l’espionnage saoudien des Qataris seraient principalement un soutien d’organisations terroristes, et l’utilisation de la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazira pour “diffamer”. L’une des batailles de ce conflit entre les deux pays du Moyen-Orient concernait la diffusion des grandes compétitions de football. En effet, toujours selon l’enquête du Monde, depuis 2017, une chaîne pirate, BeoutQ, diffuse par satellite et sur Internet, pour très peu d’argent, l’intégralité des programmes sportifs de la chaîne qatarie du président du PSG, beIN Sports, dont certains ont été payés très cher. Très vite, l’émirat a accusé l’Arabie saoudite, qui a nié tout en bloc. Mais en 2019, les Etats-Unis ont confirmé les liens existant entre Riyad et BeoutQ et ont alors placé l’Arabie saoudite sur une liste de pays ne respectant pas les droits d’auteur. beIN a tenté alors de mettre fin au piratage de son antenne et BeoutQ a connu, en avril 2019, de très importantes perturbations, qui avaient poussé la chaîne pirate à offrir deux mois d’abonnement à ses clients. Mais l’Arabie saoudite n’est pas le seul pays à s’intéresser aux téléphones de Nasser Al- Khelaïfi. En 2019, un client émirat de NSO, entreprise israélienne qui commercialise le logiciel espion, a sélectionné l’un de ses téléphones. Alliés de l’Arabie saoudite, les Emirats participaient aussi au blocus économique du Qatar.

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