Un an après, 7 Silence Breakers réunies à San Francisco

8 février 2019 8 h 42 min 0 commentaire

Un an après avoir dénoncé leurs agresseurs, sept membres des Silence Breakers se sont rassemblées du côté de San Francisco afin de partager leurs expériences.

Vendredi 1er février, les Silence Breakers, Person of the Year 2017 de Time Magazine dont je fais partie, reconnues pour avoir dénoncé leurs agresseurs, se sont retrouvées à San Francisco. Sur une trentaine, sept se sont réunies afin de faire un point sur leur expérience plus d’un an après. En décembre, nous avions au préalable publié une lettre ouverte dans Time Magazine “Ce qui doit encore être fait un an après” pour décrire notre situation et encourager les autres victimes à parler. L’événement au Central Park Hotel de San Francisco a été organisé par l’association wesaidenough avec la participation de la démocrate Christine Pelosi, avocate engagée, fille de Nancy Pelosi, démocrate et porte-parole de la Chambre des représentants. La Californie n’a pas été choisie par hasard puisqu’elle a été le berceau de plusieurs agressions : les trois élus Matt Dababneh, Raul Bocanegra et Tony Mendoza ont démissionné suite à des allégations d’agressions sexuelles. La lobbyiste Adam Iwu, à l’origine du mouvement wesaidenough, est revenue sur la genèse de son mouvement : grenouillant dans le milieu politique. Les deux ont publié une lettre ouverte dans le Los Angeles Time signée par 150 personnes. “Quand j’ai fait cela, j’ai eu des encouragements inattendus. La société pour laquelle je travaille, Visa, m’a soutenu jusqu’au bout et même promue”, nous a indiqué Adama Iwu. De son côté, Lindsay Meyer, entrepreneuse dans les nouvelles technologies, a décidé elle aussi un jour de dénoncer. “Et pourtant, c’est un milieu d’hommes et rien n’a changé”, déplore celle qui milite pour la parité. Une de ses satisfactions est d’avoir eu une pleine page dans le New York Time pour donner son ressenti. Elle aussi naviguant dans un milieu d’hommes, Lindsey Reynolds, à l’origine d’un blog culinaire, constate que les choses n’ont pas beaucoup changé : “Quand on est une femme dans ce secteur, on se sent vulnérable.” De son côté, Celeste Kidd s’est réfugiée en Californie après avoir été l’objet de comportement inapproprié dans une université à Weschester, au nord de New York. Au terme d’une procédure, et malgré la démission de son harceleur, l’ambiance est devenue à tel point irrespirable qu’elle a décidé de déménager à la suite d’une proposition d’emploi dans la prestigieuse université de Berkeley. De mon côté, je suis revenue sur le procès que m’a intenté mon harceleur directeur d’une chaîne de télévision quelques jours après avoir reconnu les faits. Et surtout, sur la somme de 140 000 euros réclamés, un montant conséquent qui prouve bien que le but du procès est de se faire dédommager financièrement plus que de laver son honneur. Loin d’être un phénomène de proximité, le mouvement #Me- Too et ses conséquences ont marqué les Silence Breakers. Sur les sept représentantes qui désormais prêchent la bonne parole afin d’encourager et d’aider les victimes potentielles, aucune n’était activiste… Sandra Muller

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